En ce moment difficile de ne pas parler du harcèlement que subissent un bon nombre de femmes dans le milieu professionnel. C’est sans doute la seule bonne chose que l’on peut reconnaitre au scandale suscité par le producteur hollywoodien Weinstein, on parle enfin de ce sujet, bien connu mais peu abordé. On peut imaginer sans mal la difficulté que peut ressentir une femme dans son milieu professionnel à dénoncer ce genre de pratique dont elle peut être à tout moment victime.

Pour VitæLia, acteur du bien-être et de la qualité de vie en entreprise, cette actualité ne pouvait que nous interpeler directement.  La prise de conscience doit être largement partagée. La mise en lumière de ces pratiques odieuses fera bouger les choses. Elle apportera aux femmes les moyens de lutter plus efficacement. Il ne faut pas minimiser le rôle de l’entreprise et sa responsabilité. Devant la loi, l’employeur doit garantir la protection de ses salariés. La loi de modernisation sociale a étendu les obligations de l’employeur en matière de harcèlement. Il est de sa responsabilité de prévenir mais également de faire cesser les actes de harcèlement au travail. Le Code pénal (article 222-33) punit d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende « le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d’un tiers ». La sanction est la même en cas de harcèlement moral.

Les articles L. 122-46 et L. 122-49 du Code du travail prévoient que les sanctions qui pourraient être prises à l’encontre d’un salarié victime ou témoin de harcèlement sexuel ou moral sont nulles de plein droit. Celui qui prendrait une telle mesure discriminatoire encourt un an de prison et 3 750 euros d’amende (article L. 152-1-1 du Code du travail). La référence à l’abus d’autorité conférée par les fonctions n’est pas nécessaire, car, en pratique, seul un supérieur hiérarchique dispose du pouvoir suffisant pour prendre les sanctions discriminatoires prohibées. Par ailleurs, en cas de litige, la preuve du harcèlement est facilitée pour la victime, qui doit seulement apporter les éléments de faits laissant supposer l’existence d’un harcèlement.

 

Profitons-en pour faire le point sur la place des femmes en entreprise. Qu’en est-il des inégalités de salaire à fonction identique ? La parité est-elle mieux respectée, les plafonds de verre sont-ils une réalité ? Des sujets qui restent malheureusement toujours bien réels.

Inégalité de salaire à fonction égale

Les statistiques sont connues : en France on constate un écart de salaire de plus de 15 % entre les hommes et les femmes (différence de salaire horaire brut moyen entre les hommes et les femmes salariés en pourcentage du salaire horaire brut moyen des hommes)

Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le revenu salarial des femmes en 2014 était inférieur de 24 % à celui des hommes. Si les inégalités se réduisent légèrement (elles étaient de 27 % en 1995), elles restent très marquées parmi les cadres et les hauts revenus.

Ces inégalités sont d’autant plus étranges qu’à l’école, les filles ont de meilleurs résultats scolaires que les garçons. Parmi les jeunes générations, elles sont plus éduquées : 31,3 % des femmes de 25 ans à 34 ans ont un diplôme supérieur à bac + 3, contre seulement 26,4 % des hommes. Pour la première fois en 2013, 49 % des cadres entrant sur le marché du travail sont des femmes. Pourtant, des différences de salaire sont constatées dès l’obtention du diplôme : les diplômées de Sciences Po sont payées 28 % de moins que leurs condisciples masculins.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/03/07/les-inegalites-hommes-femmes-en-12-chiffres-et-6-graphiques_5090765_4355770.html#hUMVm0Plk0U1pZ5Z.99 En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/03/07/les-inegalites-hommes-femmes-en-12-chiffres-et-6-graphiques_5090765_4355770.html#hUMVm0Plk0U1pZ5Z.99

La parité est-elle mieux respectée dans les entreprises ?

Les PDG et les membres des exécutifs des entreprises françaises ou européennes sont quasiment exclusivement de sexe masculin.

La situation en quelques chiffres : en France 3% de femmes PDG contre 97% d’hommes. Dans les équipes de management, ça reste totalement déséquilibré : 15% de femmes pour 85% d’hommes. Enfin pour les employés, 44% de femmes pour 56% d’hommes. Les chiffres européens sont sensiblement les mêmes. Source : http://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/les-chiffres-2017-des-inegalites-femmes-hommes/

Les plafonds de verre sont-ils une réalité ?

Le plafond de verre est une expression américaine des années 70 qui désigne des freins « invisibles » à la progression des femmes dans les structures hiérarchiques. On lui attribue plusieurs raisons ; la première est historique : les femmes ont eu accès plus tardivement aux études supérieures. Ensuite, le manque de disponibilité, il est souvent présenté comme un argument majeur. Les postes à responsabilité proposés aux femmes ne seraient pas toujours conciliables avec des contraintes familiales. Enfin, la mobilité géographique, elle est demandée dans certaines grandes entreprises et constituerait un frein pour de nombreuses femmes. Les choix familiaux, comme par exemple les interruptions de carrière dues aux congés de maternité ferment la porte aux postes à responsabilité.

Nous ne pouvons que vous encourager à aller voir sur le sujet le dernier film de Tonie Marshall, Numéro Une, sorti le 11 octobre.

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