A l’approche des fêtes de fin d’année, nous avons souhaité consacrer notre focus aux TMS (troubles musculo-squelettiques). N’y voyez pas une quelconque forme de mauvais esprit qui tenterait de vous culpabiliser et gâcher le plaisir des achats de Noël. Nous pensons d’abord aux salariés qui, derrière les annonces « livré avant Noël » « chez vous en 24h » « livraison express » « en deux heures chrono chez vous » œuvrent en silence et font des miracles parfois au détriment de leur santé.

TMS, trois lettres pour désigner des maladies qui ont en commun d’être directement liées aux conditions de travail. Aujourd’hui, les troubles musculo-squelettiques représentent 85 % des causes de maladies professionnelles en France. Leur prévention est un véritable enjeu pour les entreprises et les salariés. Le Plan Santé Travail 2 (2009-2014) encourage d’ailleurs les employeurs à lancer des programmes d’information auprès de leurs collaborateurs.

Les TMS : c’est quoi ?

Les troubles musculo-squelettiques touchent comme leur nom l’indique les muscles, les tendons et les nerfs autour des articulations. Ils se manifestent par des douleurs et une gêne dans les mouvements. Les plus courants sont les tendinites de l’épaule, le syndrome du canal carpien (poignet) et les lombalgies (dos). On retrouve également l’inflammation chronique des tendons, épicondylite au coude, hygroma du genou…

Les troubles musculo-squelettiques apparaissent généralement en cas de gestes répétitifs, d’efforts importants, de postures prolongées, de maniement de charges lourdes… Aujourd’hui, une quinzaine de TMS sont reconnus comme des maladies professionnelles (MP) et en représentent la première cause. Ils provoquent des douleurs mais aussi de la raideur dans les mouvements, de la maladresse ou une perte de force. Les TMS ne sont pas à négliger, quelle que soit leur localisation, ils peuvent devenir irréversibles et entraîner un handicap durable.

Parmi les facteurs de risque de TMS, on distingue outre les facteurs biomécaniques : gestes répétitifs, travail statique, efforts excessifs, positions articulaires extrêmes, également les facteurs psychosociaux : pression du temps, manque de contrôle sur son travail, manque de soutien social et les facteurs organisationnels : délais de réalisation trop courts, travail monotone ou temps de récupération insuffisant… Les TMS sont de loin les maladies professionnelles reconnues les plus fréquentes.

Il n’y a pas que les métiers de la distribution, du e-commerce ou de la logistique qui soient concernés. Tous les secteurs d’activité sont touchés. Ce risque n’est pas vraiment nouveau puisqu’il était déjà présent au 19ème siècle. Son émergence actuelle s’explique notamment par des changements dans l’organisation du travail. Le juste à temps, le flux tendu ou stock zéro imposent un niveau de charge de travail relativement constant. Beaucoup de tâches imposent également des gestes fins, précis et répétés. L’intensification du travail dans un contexte de vieillissement de la population active expliquent aussi en partie l’augmentation des TMS dans la population active au cours des deux dernières décennies.

Les prémices de cette « épidémie » se sont annoncées en France au début des années 1990 avec l’augmentation régulière des maladies professionnelles. En 2015, les TMS des membres et les lombalgies représentaient 87 % des maladies professionnelles reconnues par le régime général avec 44 349 cas. Les affections péri-articulaires provoquées par certains gestes et postures représentent actuellement à eux-seuls plus des 3/4 des maladies professionnelles reconnues.

Les TMS constituent la première cause de journées de travail perdues du fait des arrêts de travail, avec la perte, en 2015, de plus de dix millions de journées de travail. Ils se situent au 2e rang des causes médicales de mise en invalidité, après les affections psychiatriques.

Ce phénomène, largement sous-estimé par les statistiques de maladies professionnelles, du fait notamment de l’existence d’une sous-déclaration notable, n’est pas propre à la France. La 6e enquête européenne sur les conditions de travail montre qu’en 2015 les maux de dos (44 %), et les douleurs musculaires du cou et des membres supérieurs (42 %) représentent les deux premiers problèmes de santé dont ont souffert les travailleurs européens (28 pays de l’UE, 5 pays candidats et la Norvège et la Suisse) au cours des 12 mois précédents.Les douleurs musculaires des membres inférieurs avaient concerné également 30 % d’entre eux. Les TMS occupent la première place des maladies professionnelles reconnues dans plusieurs pays d’Europe.

Du fait de leur fréquence et de leurs conséquences médicales, fonctionnelles et professionnelles (en termes de réduction d’aptitude voire d’inaptitude au poste de travail et de risque de rupture de la vie professionnelle), les TMS constituent l’une des questions les plus préoccupantes en santé au travail dans les pays industrialisés.

Quelques conseils pour éviter les TMS :

Au bureau :

  • Réglez correctement chaise et bureau : l’idéal est d’avoir une table à 72-76 cm et une assise à 40 à 51 cm pour pouvoir garder les pieds au sol.
  • Maintenez le dos droit et les pieds à plat. il est possible d’utiliser un repose pied pour faciliter cette position
  • Placez vos yeux à 60 / 80 cm de l’écran d’ordinateur. Le haut de l’écran doit se situer à la même hauteur que vos yeux.
  • Evitez d’avoir une source lumineuse face à vous
  • Positionnez vos documents de travail à hauteur des yeux pour éviter d’avoir à baisser et à lever constamment la tête
  • Maintenez la température du bureau entre 21° et 23 ° C
  • Maîtrisez l’intensité sonore. Elle doit pas excéder 55 dB
  • Variez les tâches pour ne pas rester trop longtemps dans la même position
  • Prenez des pauses, étirez vous

Dans un atelier de travail :

  • Divisez les charges à porter par deux pour éviter les efforts. Utilisez dans la mesure du possible un outil d’aide à la levée.
  • Variez les tâches
  • Portez un casque et des lunettes de protection
  • Accordez vous des temps de récupération

Tous ces conseils, aussi simples soient-ils doivent pouvoir être appliqués ce qui n’est pas toujours compatible avec le rythme et les contraintes qu’imposent certaines activités où rendement et compétitivité passent largement avant santé et bien-être. Alors quand vous commandez sur internet, mieux vaut s’y prendre en avance et être moins impatient. Après tout recevoir sa paire de bottes hyper tendance ou son accessoire high tech pour smartphone en 3 jours plutôt qu’en 24h ne peut qu’être bon pour la santé.

https://tmspros.fr/TMSPROS/

http://www.santepubliquefrance.fr

https://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/efficacite-personnelle/troubles-musculo-squelettiques-comment-les-eviter_1519046.html

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