Comme nous, vous avez appris que la « Sécu » s’apprêtait à communiquer aux entreprises la part d’arrêts de travail liés aux lombalgies, aux TMS et aux risques psychosociaux, afin de réduire les taux d’absentéisme.

 

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Audelà des questions que cela peut engendrer, notamment sur le secret médical et la divulgation d’informations personnelles, cette expérimentation lancée en novembre 2017 par l’Assurance-Maladie a pour but de renforcer la prévention des risques professionnels en entreprise. Cela consiste à transmettre aux entreprises ayant un très fort taux d’absentéisme des informations sur la nature des arrêts maladie, dans un contexte où des écarts importants de taux d’absentéisme sont constatés entre des entreprises d’un même secteur. L’expérimentation consiste à rencontrer les entreprises pour leur parler de leur niveau d’absentéisme dans le but de les inciter à mettre en œuvre des actions de prévention.
le Monde 26.01.2018

Il faut se rappeler que le coût moyen du mal-être au travail représente 12 600 euros par salarié (absentéisme, arrêts de maladie, démissions, désorganisation, perte de productivité), soit un total équivalent à 11,5% du PIB français. C’est le chiffre phare de l’étude menée annuellement pour le compte du groupe Apicil. En 2017 cette étude illustre à nouveau les forts contrastes concernant le bien-être au travail selon les entreprises, en fonction de leur taille ainsi que de leur activité. Les chiffres sont inquiétants, 1 salarié sur 5  en arrêt de maladie à cause de son travail. En effet, 20% des salariés arrêtés (= en congé de maladie) estiment que leur arrêt est lié à leur travail : 14 % sont dus à des tensions liées à l’organisation du travail et 6 % suite à des difficultés liées aux pratiques managériales de l’entreprise. La charge de travail et l’environnement physique( ?) sont cités comme les principales sources de difficultés pour les salariés en arrêt de travail suite à des tensions liées au milieu professionnel. Cette perception contraste fortement avec celle des DRH, puisque selon eux seuls 4 % des arrêts sont liés aux situations de travail. Les maladies ordinaires (54% d’arrêts) et les troubles musculo squelettiques (30% d’arrêts) sont les principaux motifs des arrêts de travail. Les troubles psychologiques (14%) arrivent en 4ème position et sont plus élevés dans les services.

Un coût des arrêts de travail globalement mal apprécié par les DRH

Seul un DRH sur dix a une idée précise du coût des arrêts de travail. Ces coûts estimés se situent la plupart du temps entre 0,5 % et 2 % de la masse salariale. Sur cette base, une estimation du coût direct des arrêts de travail reste hasardeuse. Il n’en demeure pas moins que l’impact et les coûts pour l’entreprise restent élevés, si l’on prend en compte également les coûts indirects. En effet, 82% des DRH jugent que les arrêts de travail ont un impact négatif sur l’organisation de l’entreprise et 57% sur sa performance économique. Ce chiffre monte même à 100% pour les entreprises de transports.

Les entreprises minoritaires à faire de la prévention

Moins d’une entreprise sur deux (45%) a mis en place des actions de prévention des arrêts de travail (moins d’un quart dans les transports). D’un point de vue réglementaire, 76 % des DRH ont mis en place le document unique et 62 % ont procédé à l’évaluation de la pénibilité au travail. En revanche, moins d’une entreprise sur deux a mis en place des actions de prévention des TMS (48%), des formations aux risques psychosociaux (34%) ou des démarches QVT (32%).

La QVT (Qualité de vie au travail) justement arrêtons-nous sur le sujet quelques instants. Si l’on se réfère aux chiffres, 71 % des salariés jugent satisfaisante la démarche de QVT au sein de leur entreprise, la qualifiant de bonne ou très bonne contre 69 % en 2016, ce chiffre monte à 96 % chez les dirigeants satisfaits. Les salariés s’accordent pour placer les relations avec les collègues (53 %) et l’ambiance (49 %) en tête des facteurs déterminants. Pour eux, viennent ensuite la rémunération (40 %, contre 42 % chez les dirigeants), la reconnaissance au travail (38 %, contre 40 %), et la conciliation des temps de vie (37 %, contre 15 %). Cette dernière demeure une source de difficultés pour 34 % des salariés, 42 % des cadres et 44 % des managers.

Etude sur la Qualité de Vie au Travail en 2017 par le groupe Malakoff Médéric 

Ces chiffres encourageants sont malheureusement altérés par l’enquête de l’OMS qui classe la France à la 3ème place des nations avec le plus grand nombre de dépressions liées au travail. Ce sentiment est également en contradiction avec la hausse des salariés et managers déclarant avoir eu envie de bénéficier d’un arrêt maladie, entre 2009 et 2017 (+ 10 %). Un chiffre intéressant à analyser lorsque dans le même temps, 75 % des dirigeants déclarent que la QVT doit être un axe majeur pour les entreprises, notamment pour maîtriser l’absentéisme. (en 3ème position derrière l’augmentation de la compétitivité et l’amélioration du climat social).

Dirigeants et salariés sont unanimes sur un point : plus de neuf personnes sur dix estiment que la santé des salariés contribue à la performance de l’entreprise. Un salarié se félicitant de sa QVT est moins sujet aux arrêts maladie (37 % de moins que la moyenne). A l’inverse, un salarié la jugeant mauvaise a 18 % plus de risques d’être absent. Selon le dernier baromètre 2017, 34,1 % des salariés sont absents au moins une fois par an. La durée s’élève en moyenne à 35,5 jours par salarié concerné, pour une durée moyenne de 18,9 jours par arrêt. L’absentéisme représenterait ainsi la perte de l’équivalent de 43 emplois à temps plein pour une entreprise de 1 000 salariés.

Des chiffres significatifs qui soulignent à quel point la qualité de vie en milieu professionnel occupe aujourd’hui une place importante pour le développement et l’organisation des entreprises. Elle est devenue une des préoccupations incontournables des DRH et des dirigeants. Il faut maintenant l’appliquer concrètement et l’adapter aux différentes attentes des salariés et enjeux des entreprises.

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