Commençons par quelques chiffres tirés d’une étude sur le bonheur des salariés (Baromètre Edenred-Ipsos étude réalisée dans 15 pays à travers les plus grandes économies du monde). L’équipe Happiness Works de Nic Marks a évalué le bonheur au travail de plus de 14 000 salariés en activité en Europe, en Amérique du Nord et en Australie. Les États-Unis, l’Allemagne et les Pays-Bas ont les salariés les plus heureux de tous les pays (base des pays inclus dans l’étude), avec des scores respectifs de 71,8, 71,2 et 69,9 sur une échelle de 0 à 100 (100 correspond aux salariés les plus heureux). Dans la tête du groupe des pays où les salariés se disent les moins heureux au travail on retrouve, on vous le donne en mille, la France (63,8), la Belgique (65,2) et le Royaume-Uni (67,2).

L’étude montre que les principaux leviers de bonheur des salariés varient d’un pays à l’autre. En France, les 3 principaux identifiés sont « être traité équitablement et respectueusement », « le sentiment d’accomplissement » et « être fier de son entreprise ». « Etre traité avec équité et respect » est le vecteur de satisfaction que l’on retrouve en tête en France, donc, mais aussi en Belgique, en Allemagne et en Australie. Aux Pays-Bas, c’est « le sentiment d’accomplissement » qui est privilégié.

Au-delà de ces chiffres, il faut prendre en compte les contextes économiques, les marchés de l’emploi par pays et les différences culturelles qui ont une incidence sur les attentes des salariés vis à vis de leur emploi.

Ce qu’il faut retenir, le bien-être au travail est devenu un enjeu croissant pour les entreprises confrontées à un environnement économique imprévisible, elles ont parfaitement intégré l’impact direct sur l’engagement des collaborateurs, et par voie de conséquence sur la performance. Quand on approfondit les chiffres, on retrouve au-dessus de la moyenne des économies en développement, l’Inde, le Mexique, le Chili, le Brésil… mais aussi les Etats-Unis et l’Allemagne. Au milieu du tableau se placent le Royaume-Uni, la Chine, la Pologne et la Belgique. Dans le bas du palmarès, où le score de bien-être au travail est inférieur à la moyenne, on trouve l’Espagne, la France avec 67%, la Turquie, l’Italie et, bien plus loin, le Japon, où seulement 44% des salariés interrogés ont donné une réponse positive.

La pondération donnée aux différents éléments (cadre de travail, attention, émotion) qui constituent le bien-être au travail diffère elle aussi d’un pays à l’autre. Dans les pays dont les résultats sont les plus élevés (Inde, Mexique, Brésil, Chili), le bien-être au travail est fortement impacté par la dimension émotion. Au Japon, en Chine, Turquie, Italie et en Pologne, le bien-être au travail tient davantage compte de l’environnement de travail. Enfin, les salariés des économies dites plus matures offrent des résultats plus équilibrés sur le bien-être au travail, oscillant entre un déficit d’émotion en Espagne, USA et Royaume-Uni, et d’attention en France, Allemagne et Belgique.

Que font alors les entreprises des pays où l’on est particulièrement heureux d’aller travailler ?

 

international

Petit tour du monde de quelques pratiques innovantes.

Inde :

L’Inde est reconnu comme l’un des pays où les salariés sont les plus heureux. Plusieurs entreprises ont pris des initiatives remarquées, ainsi, HCL Technologies, société d’électronique et d’informatique, spécialisée dans les technologies de l’information, est à l’avant-garde des bonnes pratiques RH. Parmi celles-ci, la mise en place d’un forum interne appelé « U&I » (« Vous et moi »). Les salariés peuvent, grâce à cet outil, interpeller les membres de la direction ou du top management, y compris le PDG, et ce, sur n’importe quel sujet. L’objectif est de favoriser la liberté d’expression et l’écoute. Devant le succès rencontré par cette initiative qui s’appuie sur la transparence, HCL Technologie a ouvert un second volet, centré sur les problèmes stratégiques de l’entreprise. En sollicitant les salariés et en autorisant l’expression de leurs doutes ou de leurs éventuelles critiques, la direction a renforcé la confiance entre collaborateurs et le lien avec l’entreprise.

États-Unis :

Selon le baromètre Edenred-Ipsos sur le bien-être au travail les États-Unis réunissent 77 % de salariés satisfaits. Chez Morning Star, entreprise californienne de 400 salariés, créée en 1970, spécialisée dans la transformation de tomates, ce sont les collaborateurs qui jugent des stratégies pertinentes pour l’entreprise et fixent leurs objectifs de production et de rentabilité. Ils signent ensuite des contrats d’engagement, accessibles à tous depuis le réseau social de l’entreprise. Pour son PDG Chris Rufer, l’engagement mutuel génère « une véritable dynamique coopérative et les objectifs atteints sont plus élevés que lorsqu’ils sont décidés unilatéralement par un manager ». L’entreprise est actuellement en pleine croissance et transforme 25% de la production des tomates californiennes.

Brésil :

Chaque jour, les ouvriers des usines FIAT de Betim (une des plus grosses usines de la marque) qui produit 850 000 véhicules chaque année n’enregistrent plus leur horaire d’arrivée. La direction a modifié les pointeuses qui n’indiquent plus les temps de travail, les salariés annoncent, à la place, leur humeur en appuyant sur des boutons de couleurs : vert, orange ou rouge. Ceux qui optent pour le rouge, signalent qu’ils rencontrent un problème, ils sont alors accompagnés par des managers qui ont reçu une formation en amont pour les aider efficacement. Preuve que la mesure est utile et répond à un besoin : 80 % des salariés appuient sur le bouton rouge au moins une fois par an.

Belgique :

La Belgique fait partie des pays où le taux de satisfaction des salariés est modéré mais certaines pratiques étonnantes méritent d’être notées, surtout quand elles viennent de la fonction publique peu ouverte au changement et à l’innovation managériale.  Entre 2009 et 2014 le Ministère de la Sécurité Sociale sous l’impulsion de son directeur Frank Van Massenhove, a mis en place une mesure qui a consisté à « libérer » les équipes : horaires flexibles, bureaux non attitrés, télétravail possible, etc. « 70% des agents ont opté pour le télétravail à raison de 3 jours pr semaine, résultat, la productivité a augmenté de 20 % au minimum. « On a aussi réalisé d’énormes économies sur les coûts fixes (loyer, téléphone, énergie) et tout d’un coup on s’est mis à crouler sous les candidatures spontanées » explique Laurence Vanhée, Chief Happiness Officer en charge de cette transformation.

Suède :

Ces dernières années, plusieurs entreprises suédoises ont introduit la journée de travail de 6 heures. Parmi elles, la start-up Filimundus, installée à Stockholm qui développe des applications mobiles. « La journée de 8 heures n’est pas aussi productive qu’on le pense. Rester concentré pendant tout ce temps sur une tâche spécifique est un incroyable défi. Pour y arriver, on finit par mélanger les choses et faire des pauses pour rendre la journée plus supportable. En même temps, nous avons du mal à gérer notre vie privée.» constate Linus Feldt le PDG de Filimundus. Le but de passer à la journée de 6 heures est de rendre leur motivation aux équipes mais aussi de leur permettre d’être plus efficaces lorsqu’elles sont au travail. Sur les 6 heures que constituent désormais leurs journées, les collaborateurs ne sont donc pas autorisés à utiliser les médias sociaux, il n’y a pas non plus de distractions particulières et le nombre de réunions est réduit à son minimum. « J’ai le sentiment qu’il est désormais plus facile pour les collaborateurs de se focaliser sur le travail qui doit être fait, d’avoir l’endurance pour le faire mais qu’il leur reste aussi de l’énergie quand ils quittent le bureau », conclut Feldt.

Et la France, dans tout ça?

Chez Lippi, une PME française de 300 salariés dont le siège social est situé en Charente, spécialisée dans la fabrication de grillages et de clôtures, a revu en 2013 son système de primes et de hausse des salaires. Fini la prime à la performance, remplacée par la prime sur les valeurs. Ainsi trois valeurs ont été choisies : respect des autres, disponibilité pour les proches collaborateurs et disponibilité pour ceux des autres services. Le salariés ne remplissant pas ces critères ne sont pas sanctionnés (sauf pour la prime…) ils bénéficient d’un accompagnement à l’apprentissage de l’esprit collaboratif.

Chez VitæLia on adore toutes ces initiatives, surtout si elles contribuent au bien-être des salariés.

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