Être sur tous les fronts, anticiper, penser à tout et ne pas se sentir efficace pour au final avoir l’impression de ne rien avoir fait de concret. Ce sentiment de nombreux salariés le partagent, cette impression de s’éparpiller est si réelle que les entreprises commencent à s’inquiéter de ce phénomène.

 

Qui ne s’est pas posé la question de « Aujourd’hui j’ai fait quoi au travail? ». Avec le sentiment que la journée a été bien remplie. Mais de quoi concrètement ? Vous êtes passé de réunion de fonctionnement en réunion de planning , avez pris le temps de réserver une salle pour une séance de brainstorming avec votre équipe, répondu aux nombreux mails vous invitant à participer au pot de départ du DAF ou à faire tourner l’enveloppe de la cagnotte pour le mariage de la responsable marketing. Entre temps vous avez juste eu le temps de regarder le tableau de reporting de votre équipe avant d’esquiver la 5e demande insistante concernant votre budget de fonctionnement pour l’année prochaine et la feuille des congés pour 2020 que vous devez signer…

Ce travail constitué d’une multitude de tâches invisibles s’appelle la charge mentale. Et quand elle pèse de tout son poids sur votre travail officiel, cela a forcément des répercussions sur votre productivité. Comble de malchance, le stress né de la culpabilité de ne pas avoir « fait son travail » réduit d’autant votre efficacité.

La charge mentale est la somme totale des responsabilités que vous endossez pour gérer le “se souvenir de tout”. Ces responsabilités non reconnues que vous endossez afin que le groupe continue à fonctionner gaiement et sainement.

Cela ne vous rappelle rien? Ce rôle que l’on fait trop souvent porter aux femmes à la maison et dont elles ont beaucoup de mal à se défaire, malgré leurs revendications légitimes à plus de partage des taches au sein de la famille. Cette charge mentale est constante, la personne « responsable de gestion » de la maison fournit un effort mental souvent plus important et fatigant que le reste de la famille.

Reportée dans le cadre du travail la charge mentale est elle aussi bien réelle. Et ce n’est pas nouveau, la sociologue Monique Haicault fut la première à l’évoquer en 1984 dans un article sur le rôle des femmes. En 1998 on attribue ce phénomène comme une des causes de dépression nerveuse dans le milieu professionnel.

Les entreprises n’ont pris que timidement la mesure de ce syndrome qui touche leurs salariés. Quelques initiatives menées pour mandater des coachs ont été mises en place. Certains grands groupes ont instauré une journée de repos hebdomadaire rémunérée (notamment l’ONG WWWF) ou incitent au télétravail régulier. Les initiatives personnelles restent le moyen le plus efficace pour lutter contre la charge émotionnelle, à commencer par une bonne répartition des taches de »fonctionnement » au sein de l’équipe. La mise ne place par exemple d’un calendrier rotatif pour les tâches récurrentes.

Arrêtez de tout porter, mobilisez votre équipe en répartissant la responsabilité des petites taches, chacun peut prendre des initiatives et contribuer au fonctionnement quotidien.