EXPERTS

La durée du travail est bien souvent au cœur des débats politiques. Il n’est donc pas toujours évident de suivre l’évolution des règles applicables à ce sujet. Connaissez-vous bien la réglementation sur la durée du travail ? Ce quiz va vous permettre de faire le point sur l’étendue de vos connaissances.

Dominique Lanoë Président du Syndicat des Experts agréés CHSCT

Qu’est-ce qui a changé depuis la création du CHSCT en 1982 ?

En 35 ans les CHSCT ont gagné leurs lettres de noblesses. C’est un véritable espace citoyen qui au fil du temps est devenu une instance importante et indispensable dans un bon nombre de secteurs. Les études prouvent que la prévention est plus efficace quand il y a présence d’un CHSCT. Il faut souligner que les risques traditionnels sont toujours malheureusement très présents malgré l’évolution des conditions de travail, la pénibilité reste très préoccupante dans bon nombre d’activités. Un nombre important de secteurs est toujours largement soumis aux risques professionnels. Par exemple, les préparateurs qui travaillent chez les grands acteurs du commerce y compris en ligne (e-commerce) restent fortement exposés à la pénibilité, rien de nouveau de ce côté-là.

Les CHSCT ne risquent-ils pas de perdre une partie de leur expertise ?

La perte de spécialisation pourrait être contrebalancée par la mise en place de moyens plus importants. Les CHSCT vont devoir avoir une approche globale. Ce qui n’est pas sans difficulté. Les enjeux que défendent les représentants du personnel ne sont pas forcément les mêmes que ceux du CHSCT. Les enjeux d’emploi n’ont pas les mêmes objectifs que les enjeux de santé au travail. Les deux regards sont importants.
Les conditions de travail sont intégrés au niveau stratégique de l’entreprise, certes, mais avec quels moyens? Pour remplir leur mission correctement, il faudra des moyens aux représentants du personnel au CSE or ce n’est pas ce qui se dessine..

Les CHSCT et le rôle de la QVT ?

La aussi la mise en place de dispositifs de QVT n’a pas été assortie de moyens d’expertises concrets. Le rôle de la QVT est encore très flou dans bon nombre d’organisation.
Le monde du travail a dû faire face à 3 grandes réformes en trois ans, ce n’est pas rien.

Dominique LANOË 

Président du Syndicat des experts agréés CHSCT

Interview de Damien Acoca

Comment êtes-vous devenu coach ?

Je le suis devenu à 23 ans le plus jeune coach comédien de France sur les conseils d’un coach qui trouvait que j’avais un œil, des prédispositions et une empathie naturelle pour ça.

A quoi correspond ce besoin de coach en France ?

On est dans une course au gain et aux résultats, un monde capitaliste dans lequel on a besoin de se faire aider. On est passé de l’humain à l’individu, le souhait de se faire entendre est devenu prioritaire et il y a des professionnels pour répondre à ces attentes. Personnellement, je ne me considère plus comme un coach, ça ne veut plus rien dire. Je suis un artisan de la matière humaine, je crois qu’en France, les individus sont en attente d’accompagnement, une forme d’assistanat, une désir de maitriser ses états émotionnels  pour se sentir plus à laise

A quoi reconnait-on un bon coach ?

Un bon coach est quelqu’un qui n’est pas dans le gain, qui développe une véritable empathie et qui n’est pas là pour obtenir quoi que ce soit de la personne, l’ objectif est de ramener la personne à elle-même tout en l’accompagnant avec beaucoup de bienveillance, mais avec une certaine autorité. Pour moi l’autorité, c’est un cadre avec de la bienveillance. Un bon coach c’est quelqu’un qui ne se met pas en avant et qui accompagne réellement la personne, en restant à l’écart, presque dans l’ombre et qui se met au service du besoin de la personne.

La particularité de votre démarche ?

La particularité de ma démarche, avant tout c’est d’être dans l’accompagnement et de ramener de l’amour, de l’estime et de l’humain au cœur de soi,  de ne pas être forcément dans des fonctionnalités. Ma spécificité est de mettre en lumière les serrures en aucun cas d’être le détenteur des clés, c’est le coaché qui les a. Mes interventions sont guidées par la recherche d’authenticité et sont réalisées dans l’immédiateté pour pouvoir accéder à l‘essence même d’une émotion.  J’ai mis en place un ensemble de démarches d’accompagnement dédié au développement personnel, centré sur l’intelligence émotionnelle et le développement de la compétence émotionnelle.

les pièges à éviter ?

Les pièges à éviter, c’est d’être emporté par son propre égo, mais pour tout bon coach, il est indispensable d’en passer par là pour apprendre à se mettre à l’écart.

Damien Acoca
Coach / Formateur chez Atelier Damien Acoca
La Bulle Emotionnelle
http://cargocollective.com/atelieracoca/Infos-pratiques-inscriptions

Stéphane Cormary, Directeur et Fondateur d’Execoaching

Comment êtes-vous devenu coach ?

Après vingt ans passés dans de grands groupes internationaux, j’ai décidé de quitter le monde des entreprises. J’avais quarante ans tous les voyants étaient au vert, le bon moment pour changer. Je ne savais pas trop vers quoi aller. On me parlait de coaching, les personnes qui me connaissaient me disaient que ça m’irait bien. L’idée m’a plu, j’ai donc suivi une formation, à l’abordant sous un prisme scientifique, ce qui n’était pas si évident.

A quoi correspond ce besoin de coach en France ?

On est rentré dans un « monde ++ », plus vite, mieux et moins cher. Avec une notion permanente de performance, chacun doit être à la hauteur et dans tous les domaines. Super professionnel, super conjoint, super parent. Les gens explosent sous la pression qu’ils s’infligent et deviennent fragiles. La souffrance au travail s’accentue et n’a jamais été aussi importante. Beaucoup vivent avec la « peur au ventre » et ça se transforme en stress, en troubles anxieux comme les phobies ou les attaques de panique. Pourtant, objectivement la qualité de vie de façon générale, s’est améliorée. Les individus sont devenus plus exigeants et recherchent des méthodes pour mieux vivre. L’entreprise ne peut pas tout, l’organisation ne suffit plus. La recherche de solutions devient primordiale, avec des résultats rapides à la clé. Des méthodes alternatives sont apparues suscitant un certain engouement.

Un effet de mode ou un vrai plus ?

Il y a un effet de mode, aujourd’hui, tout le monde se convertit au coaching. Soyons honnêtes, il y a 20000 personnes qui se déclarent coachs en France, seuls 400 peut-être vivent de leur métier réellement. Les individus sont en recherche permanentes de solutions performantes et efficaces. La psychanalyse et certaines thérapies psychologiques n’apportent pas de réponses suffisamment concrètes qui correspondent aux attentes immédiates. C’est une histoire de culture. Il y a également cette honte de la réussite, honte du succès.  Certains salariés qui se font coacher en France ressentent une forme de culpabilité, de ne pas être perçus à la hauteur, qu’ils assimilent à une preuve de faiblesse.

A quoi reconnait-on un bon coach ?

Un bon coach est celui qui vit de ses missions. Seul le client peut dire si le coach est bon. Plusieurs éléments sont à prendre en compte, à commencer par le savoir-faire. C’est un métier d’expert. Un bon coach se forme continuellement et doit développer sans cesse sa « boîte à outils ». De-même il est important qu’il soit supervisé par un autre coach. Notre métier est fait de doutes et nous avons besoin du regard de nos pères. Il faut une certaine forme d’humilité pour faire ce métier. Nous sommes en apprentissage constant, il faut varier autant que possible les missions et ne pas rester sur ses acquis. Un bon coach doit être capable de travailler sur toutes les dimensions de l’individu. Le coaching est une science, l’art de l’accompagne sans parti-pris. Le coach doit cultiver une forme d’opportunisme de l’instant, poser la bonne question au bon moment, faire sortir la personne de sa zone de confort, installer une relation adulte/adulte. Etre capable de gérer les énergies et faire preuve d’empathie. Le coach incarne ce qu’il est et ce qu’il dit. Il reste avant tout un professionnel, il doit se focaliser sur les résultats, avoir un objectif, établir un planning et le gérer étape par étape.

La particularité de votre démarche ?

Les progrès de la science nous permettent aujourd’hui de voir le cerveau en action, d’en observer ses interactions en temps réel. Ainsi nous avons pu observer ce que nous appelons les neurones miroirs. Ce qui nous a permis de mieux appréhender ce que ressent un individu coaché, d’analyser en profondeur l’architecture et le fonctionnement des étapes de la pensée. Nous pouvons ainsi détecter rapidement les troubles de l’anxiété et les différentes formes de stress comme les stress post-traumatiques. Je travaille avec une équipe de professionnels de santé comme des neurologues mais aussi psychiatre et addictologue, c’est indispensable d’être entouré et de collaborer pour traiter certains cas particulièrement aigus.

les pièges à éviter ?

Le manque d’exigence, être trop en affinité avec le coaché, développer une forme de séduction, un piège dangereux. La relation peut être très vite faussée. D’où l’importance d’instaurer un cadre de travail très clair, en évitant une approche trop floue et des objectifs mal définis.

Stéphane Cormary

Directeur et Fondateur d’EXECOACHING, Experts en Changement et d’EMOTIVACTONS, accompagnement spécialisé dans la QVT
https://www.execoaching.org

5 QUESTIONS À JEAN-MARIE BOURREC FORMATEUR ET COORDINATEUR HEARTFULNESS ILE-DE-FRANCE

Comment devient-on Chief Happiness Officer ?

Qu’on se le dise : il y a autant de profils CHO que d’entreprises, le CHO n’aura pas la même fonction dans une Start Up ou un grand groupe. C’est avant tout, une question de personnalité, d’expérience de vie et de qualités humaines, avec un point commun pour tous les CHO dans l’entreprise : créer du lien entre collaborateurs ! Le CHO est naturellement un fédérateur, un médiateur, à l’écoute des autres, avec une joie de vivre contagieuse. Actuellement, il y a peu de formations accessibles finan- cièrement, surtout dédiées aux personnes en reconversion professionnelle venant des services RH ou Communication, et aucune formation diplômante pour les étudiants. On distingue quatre grands profils de base : communication, événementiel, ressources humaines et management. Le fil conducteur, il s’agit d’un métier tourné totalement vers l’humain, qui s’appuie sur le digital et tous les outils connectés (plateforme collaborative sur Slack, applications sur smartphone pour des mises en relation, remontées d’informations comme indicateurs de mesure…). Une véritable boîte à outils que le CHO dispose avec la HappyTech (https://happytech.life/) pour instaurer de nouvelles méthodes de collaboration, en mode projet.

Chief Happiness Officer, un phénomène de mode éphémère ?

Toute nouveauté est immédiatement critiquée et cataloguée. Le CHO a toute sa place dans l’écosystème de l’entreprise, les organisations ont pris totalement conscience de l’utilité de ce profil au sein des équipes, force est de constater la difficulté de

Joëlle Juppeau

Joëlle Juppeau, naturopathe, consultante en nutrition santé

Comment devient-on consultante en nutrition santé ?

Durant trente ans, j’ai travaillé comme ingénieure dans l’industrie agroalimentaire et chimique, j’accompagnais et aidais les industriels. Et puis, j’ai souhaité passer de l’autre côté du miroir, côté consommateur. J’ai toujours été intéressée par l’hygiène de vie et l’impact des habitudes alimentaires. Aujourd’hui je suis naturopathe, j’apporte une vision d’experte dans le domaine de la prévention santé. Consultante en nutrition santé, j’offre une veille sur les tendances dans les domaines de l’alimentation et le mieux être.

Comment intervenez-vous dans les entreprises ?

J’interviens sous forme d’ateliers pour sensibiliser et aider les salariés afin d’acquérir les bonnes habitudes, les  réflexes pour manger équilibré et la prise de conscience des 4 piliers de la santé qui sont : le sommeil, l’alimentation, l’activité physique et la gestion du mental. J’interviens également auprès des entreprises qui doivent gérer la prevention santé, améliorer le bien-être de leurs salariés et accompagner les équipes dans les facteurs de risques (sédentarité, hypertension, fatigue chronique, voyages, fréquents, décalages horaires etc) Je pars du constat qu’on s’alimente mal, donc on gère mal sa digestion et cela engendre des répercutions sur le métabolisme. Ainsi dans mes ateliers, j’aide à faire les bons choix alimentaires, privilégier par exemple les bons modes de cuissons, et installer de meilleurs rythmes alimentaires. Cette approche est bénéfique non seulement pour le corps mais également pour le cerveau et la mémoire. Par ailleurs l’activité en entreprise étant souvent trop sédentaire, je préconise une activité physique raisonnée, raisonnable et régulière.

Quels conseils pourriez-vous donner en quelques mots ?

Il faut bien choisir ses aliments, à commencer par les graisses. Il faut savoir que 80% de l’offre alimentaire contient du sucre. Et nous n’avons pas besoin de tout ce sucre mais plutôt de gras, mais pas n’importe lesquels. On doit essayer de manger des aliments alcalinisants (par exemple des légumes) plutôt qu’acides (viande rouge), tout n’est qu’une affaire de bon dosage. Je rajouterais que le rythme alimentaire est très important. Les rythmes professionnels en milieu urbain nous font prendre nos repas le soir beaucoup trop tard. Nous devrions diner tôt, vers 19h. Ce qui peut sembler difficile mais rien ne nous empêcherait de poursuivre nos activités après. Ainsi, on protège le système digestif et le rythme biologique..

En quoi l’entreprise peut-elle intervenir ?

L’entreprise peut sensibiliser et apporter des conseils et de l’information aux salariés sur la façon de s’alimenter et la bonne hygiène de vie à avoir. J’ai constaté que les salariés sont très réceptifs et demandeurs. L’entreprise peut par ailleurs intervenir auprès des prestataires de restauration avec lesquels ils travaillent. Des choses simples à mettre en place, des condiments en libre service pour compléter des aliments proposés, choisir des pains semi-complets plutôt que blancs, installer des salades-bar. On peut mieux maitriser le stress par l’assiette,, l’activité physique et le sommeil pour impacter positivement la qualité de vie. Cette approche pourrait permettre un moindre taux d’absentéisme. Il faut encourager tout ce qui peut tendre à une vie meilleure. La santé est notre bien le plus cher.

Joëlle Juppeau Ingénieur Conseil & Formation
Référente PNNS (Programme National Nutrition Santé) Naturopathe
DIDAXIS www.inspirezvivez.com