Il n’y a pas que l’environnement de travail qui influe sur le bien-être des salariés. Le temps de trajet est un autre facteur à prendre en compte. Une étude canadienne a fait le lien entre la durée pour se rendre au travail et les symptômes d’épuisement professionnel. Ainsi, au-delà de 20 minutes de trajet, le burn-out guette le salarié. Le moyen de transport utilisé et l’endroit où vous vous rendez sont également des sources de stress.

Le pourcentage de cadres considérant le bureau comme un espace agréable où ils apprécient de passer du temps varie de 40%, pour ceux mettant plus de 40 minutes à rejoindre leur travail, à 61% lorsque le trajet est inférieur à 20 minutes. On pourrait analyser ces chiffres par le fait que plus un salarié met de temps à rentrer chez lui, moins il en passe à tisser des liens avec ses collègues, un facteur non négligeable qui peut influer sur le plaisir d’aller travailler…

Le bien-être ressenti au travail varie également. Les cadres qui mettent moins de 20 minutes à se rendre sur leur lieu de travail attribuent au bien-être la note de 7,1 sur 10, contre une note de 6,8 lorsque le trajet est compris entre 40 et 60 minutes. Au-delà d’une heure, la note chute à 6,5/10. (enquête Paris Work Place).

49% des salariés franciliens estiment que leurs trajets domicile-travail sont désagréables (étude IFOP mai 2018). Pas étonnant dans ce cas que 8 cadres franciliens sur 10 envisagent de quitter Paris. La cause en serait le temps de transport. (Entreprise & Carrières)

En effet plus d’un cadre francilien sur deux travaille à Paris, mais seulement la moitié de ces cadres réside à Paris. Et l’écart ne risque pas de s’arranger si on se fie aux derniers chiffres de l’immobilier à Paris.

Le temps de trajet est devenu le critère le plus impactant. Les trajets sont jugés désagréables par 29% des sondés ayant moins de 40 minutes et par 75% des sondés ayant plus de 60 minutes de transport. Il est devenu un réel point sensible. Plus de 7 personnes sur 10 y passent plus d’une heure par jour. Les difficultés croissantes rencontrées, trafic routier de plus en plus dense, pollution de l’air, réseaux de transports en commun saturés sont autant de raison de cristalliser des crispations et du stress. Le RER, le train et la voiture sont les transports les moins appréciés, les trajets sont jugés plus désagréables qu’en métro, moto ou bus. Cela influe évidemment sur le bien-être des salariés. Ce n’est donc pas un hasard si dans le cadre des enjeux de la qualité de vie en entreprise, il faudrait prendre en compte le rôle du moyen de transport et l’impact réel du temps de trajet, même si ses points sont hors des responsabilités légales de l’entreprise.

Selon Cadremploi 82% des cadres déclarent envisager une mobilité professionnelle, prêts à quitter Paris, en acceptant une baisse de salaire pour gagner en qualité de vie. Tout cela devrait faire réfléchir les entreprises, surtout avec les nouvelles générations d’actifs encore plus sensibles aux questions de transport. Les solutions existent, la première serait que les entreprises se rapprochent des zones où vivent les personnes actives, plutôt que de rester au cœur des grandes villes devenues de moins en moins accessibles. De manière plus immédiate, les entreprises peuvent mettre en place une gestion flexible des modes de déplacement des salariés et des horaires plus souples, cela permettrait entre autres de réduire les embouteillages automobiles matin et soir, aux fameuses heures de bureau.

Et si le moment était venu de reparler mobilité et télétravail?

Source : Enquête From Positivity to Productivity : Exposing the truth behind workplace happyness réalisée auprès de 1000 employés.