Le terme entreprise libérée serait apparu pour la première fois dans un livre traduit en français en 1995 : « Libération management » par Tom Peters. Il a été repris et popularisé en France par l’ouvrage « Liberté & Cie » d’Isaac Getz (parution française, en 2012) et la diffusion, en juin 2015, du documentaire « Le bonheur au travail (Documentaire de Martin Meissonnier en 2014. ARTE France, RTBF, Campagne Première)

Le principe de l’entreprise libérée est de laisser les salariés prendre des initiatives individuelles plutôt que de leur imposer des directives suivies de contrôles. L’objectif est de rendre aux salariés la responsabilité du résultat de leur travail en leur donnant la capacité de s’organiser librement. Le système hiérarchique classique est remplacé par une structure plate où les collaborateurs s’autodirigent.

Les grands principes de l’entreprise libérée

  • capacité d’écoute des dirigeants,
  • liberté des salariés, moteur de motivation et de créativité,
  • valeurs communes et  adhésion de tous à la culture de l’entreprise,
  • disparition de la hiérarchie pyramidale et du contrôle,
  • élimination des symboles de privilèges,
  • suppression des horaires imposés,
  • principe de subsidiarité : légitimité des salariés à prendre des décisions sur ce qui les concerne,
  • salariés soucieux du client, de leur entreprise et solidaire de leurs collègues.

Ce que ça implique pour le management

Le management dit « intermédiaire » dans une organisation classique sert de relais pour les informations montantes et les décisions descendantes. Dans le modèle de l’entreprise libérée, ces relais n’ont plus lieu d’être. La fonction du responsable n’est plus de contrôler ni de commander, mais de soutenir les individus et les équipes lors des prises de décisions. L’expérience des entreprises libérées montre qu’en déléguant la décision au salarié, on peut passer de 7 à 2 niveaux hiérarchiques, générant ainsi de l’agilité, du bien-être au travail et des économies substantielles.

Ce que ça implique pour le salarié

L’entreprise libérée permet à chaque salarié de développer totalement son potentiel grâce aux gains d’autonomie, de responsabilisation et de valorisation de soi qu’il acquiert. Les structures horizontales favorisent les échanges féconds et permettent le partage des pouvoirs pour que les différentes parties prenantes se sentent impliquées. Ce positionnement n’est envisageable que si le salarié est en totale adéquation avec la vision stratégique du dirigeant.

Exemples d’entreprises libérées en France :

La fonderie Favi, Sew Usocome France, Harley Davidson, Chronoflex, Biscuiterie Poult, Imatech, Lippi…

Ce type d’organisation est encore récent et reste rare en France, on compte une centaine d’entreprises (dont beaucoup de PME) qui serait passée en mode « libéré ». Plusieurs entreprises se sont visiblement «redressées» ou développées économiquement rapidement, après le virage amorcé. Faire confiance à ses salariés ne serait donc pas u